Sirène d'alerte

Déclenchement

Située sur un immeuble d'habitation proche du Village Sud, la sirène d'alerte de la commune a été reliée au Système d'alerte et d'information des populations (SAIP). La réception de cette nouvelle installation aura lieu ce mercredi 22 mars, vers 9 h. La sirène sera alors déclenchée. Pas d'inquiétude donc, c'est un simple test ! Les essais redeviendront mensuels, chaque premier mercredi du mois, à compter du 4 avril, sauf en novembre où l'essai aura lieu le 8.

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IFTS

Journée d'études

L'institut de formation en travail social (IFTS, 3, avenue Victor-Hugo, 04 76 09 02 08) propose une journée exceptionnelle consacrée au travail collectif. Ateliers, temps de réflexion et d'échange communs, vendredi 7 avril, de 8 h 45 à 17 h. Ouvert à toutes et tous, sur inscription : 50 ¤, gratuit pour les étudiants de l'IFTS.

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Cité Plurielle : un débat riche d'enseignements avec le sociologue Jessy Cormont

jeudi 21 mars 2013

C'est face à un public venu en nombre à L'ICM que Sylvette Rochas, Première adjointe, a introduit le grand débat de Cité Plurielle autour des formes contemporaines du racisme, animé par le sociologue lillois Jessy Cormont.

Jessy Cormont, de l'association PHARE* pour l'égalité, a, non sans un certain humour, introduit le propos en rappelant qu'il était lui-même petit-fils de mineur polonais, issu des quartiers populaires du Nord Pas-de-Calais. Il a ensuite retracé les fondements historiques du racisme en revenant sur l'esclavage et la colonisation, les grandes étapes du combat pour l'égalité faisant peu à peu évoluer l'approche du racisme. Il évoque ainsi une première forme purement idéologique basée sur la conviction de l'existence de "races" qui fut ardemment combattue dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale. A partir des années 80, l'égalité devait passer par une meilleure connaissance des autres cultures pour rompre avec les préjugés, ce que Jessy Cormont appelle le "racisme d'idées". Les inégalités de traitement se perpétuant malgré tout le travail de reconnaissance de l'autre, c'est aujourd'hui au c½ur des pratiques que l'on tente de pointer les comportements discriminatoires. Tout se passe comme si chacun se défendait d'être raciste, mais dans les faits, des actes discriminatoires imprègnent le quotidien des personnes d'origine étrangère sur tous les champs de la vie sociale.

Un effet de système

L'analyse quantifiée de Jessy Cormont à l'échelle des groupes sociaux témoigne de ces inégalités liées à l'origine, à la culture, à la couleur de peau, à l'accès aux soins, au logement, à la justice, à l'emploi, et de leurs répercussions sur l'espérance de vie. C'est la reproduction de faits inégalitaires au fil des années qui crée l'effet de système ; une certaine banalisation de cet état des choses au sein des structures, des institutions et des médias, produisant ainsi une forme de racisme dite "systémique". Jessy Cormont a ainsi largement éclairé le thème de cette 19e édition "Racisme en cause(s)", en déplaçant le projecteur vers l'ensemble des pratiques inégalitaires. Plus d'une heure de débat, d'échanges et de témoignages, succéda à la présentation, le public ayant visiblement apprécié le mode direct et simple d'accès du sociologue sur des concepts... pas si simples !

Association PHARE - Praxis Histoire Action-Recherche Education populaire - pour l'Egalité

3 questions à
Jessy Cormont


Comment définissez-vous les formes actuelles du racisme ?

"La représentation la plus courante du racisme correspond à sa forme directe se traduisant par un acte intentionnel fondé sur une conviction liée à l'origine, à la culture, à la religion. Aujourd'hui, nous nous intéressons davantage au racisme indirect, tout à la fois plus insidieux et plus répandu. Il concerne tous ceux qui se défendent d'être racistes mais qui, inconsciemment, maintiennent des approches inégalitaires sur fond de préjugés. Les pratiques des classes moyennes et supérieures sont particulièrement interrogées car elles influent sur l'itinéraire social des personnes : notation scolaire, recrutement, attribution de logement, confiance allouée à la création d'entreprise, etc. Jour après jour, les faits d'inégalité s'accumulent, les facteurs se multiplient systémisant la discrimination à l'échelle structurelle. On peut quantifier les inégalités avec des marqueurs concrets tels que l'espérance de vie, l'accès au soins, au logement, à la justice..."

Comment lutter contre cette forme de racisme plus "indirect" ?

"Une première avancée serait de mieux faire respecter la loi. Si les politiques de prévention sont indispensables, il apparaît que les actes inégalitaires sont rarement pénalisés. Les victimes ne se sentent pas soutenues pour faire valoir leurs droits et subissent un quotidien imprégné d'inégalités... Ce sont toujours les biens dits "rares" qui génèrent l'inégalité tels le logement et, aujourd'hui, l'emploi. Une vraie politique rétablissant un accès mieux partagé à ces domaines désamorcerait mécaniquement le processus inégalitaire. Une politique de changement des pratiques serait également bienvenue. On observe que les chiffres disponibles aident à relancer le débat."

Que pensez-vous d'une manifestation comme Cité Plurielle ?

"Je ne peux que me réjouir qu'une Ville et son CCAS, en lien étroit avec les associations d'habitants, maintiennent haut le flambeau de l'éducation populaire dans le respect d'une vraie tradition démocratique. Consacrer la parole habitante sous forme de débats citoyens et de conférences au sein d'un événement de cette envergure pour l'égalité demeure à mes yeux une très très bonne chose !"

Propos recueillis par AF

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